PERSIENNE
05/12/2013 11:30 par krissghetto
PERSIENNE:
Les pays du Moyen-Orient ont su, de tout temps, s’adapter au climat, ou tirer parti des circonstances pour que les conditions de vie soient les meilleures possible. Ainsi on avance que c’est en Perse que l’on créa le châssis de bois extérieur, mobile et muni d’un panneau à claire-voie, servant à protéger à la fois du soleil et de la pluie la fenêtre ou la porte-fenêtre, tout en permettant à l’air de passer. N’est-ce pas tout l’agrément du Moyen-Orient qui est ainsi montré ? Cette menuiserie venant de Perse fut appelée « objet persienne » et, à partir de 1730, persienne.
PATELIN (AIR):
La Farce de Maître Patelin ou Pathelin est une farce du XVe siècle qui met en scène un marchand de drap, Guillaume, et un berger, Agnelet ; ils sont en conflit et n’hésitent pas à plaider. La pièce ayant été reprise en 1706, le terme patelin se détacha du théâtre pour passer dans le vocabulaire et qualifier un homme souple et artificieux, qui amène autrui à ses fins par des manières flatteuses et insinuantes.
PARIA:
Le mot portugais paria (venant du tamoul pa-rayon), signifiant joueur de tambour ou homme de la dernière caste, était utilisé au début du XIXe siècle pour désigner un individu de la dernière classe sociale. En 1821, une pièce de Delavigne, intitulée Le Paria, s’attacha à décrire un homme « hors caste » et fixa définitivement le sens du mot paria, homme repoussé et méprisé de ses semblables.
PANTALON:
Parmi les nombreux personnages de la comédie italienne, il en est un qui ne peut nous laisser indifférent, car les hommes, depuis le XVIIe siècle, lui doivent une partie indispensable de leur habillement. Ce personnage originaire de Venise jouait le rôle d’un vieillard avare et débauché, dont les aventures en faisaient continuellement une victime, à la fois de Scapin et d’Arlequin. Probablement en raison du culte rendu, à Venise, à Saint-Pantalone (Saint-Pantaléon), notre personnage rendit ainsi son nom et son image familiers ; or, il portait une longue culotte. Ainsi, cet habit qui au début était « tout d’une pièce depuis la tête jusqu’aux pieds » permettait, vers 1550, de dire qu’on « était vestu en Pantalon ». Puis vers 1650 ce fut un haut-de-chausses étroit tenant avec les bas pour, peu à peu, devenir l’élément vestimentaire que nous connaissons aujourd’hui.
PANIQUE:
Dans la mythologie grecque, le premier des dieux rustiques se nommait Pan. Il présidait à la vie pastorale, puisqu’il était le dieu des troupeaux et des pâturages. Il était né en Arcadie, étant fils d’Hermès et de la fille de Dryops. Son culte commença par des sacrifices humains et se répandit dans l’Hellade avant de passer à Rome. Il faisait partie du cortège de Dionysos, dirigeant les danses des nymphes à l’aide de sa célèbre flûte. Dieu de la fécondité et de la puissance sexuelle, Pan, toujours amoureux, poursuivait les nymphes et les jeunes garçons dans tous les lieux sauvages où ils pouvaient se réfugier. Toutes ces courses, la brutalité des désirs exprimés par Pan finirent par provoquer une espèce de peur ou d’épouvante, qui se trouvait bien exprimée par Rabelais dans le terme « terreur panique ». C’est seulement au cours du XIXe siècle que le mot, qui était seulement adjectif, devint substantif ; son entrée dans le Dictionnaire de l’Académie s’effectua en 1835.
PANDORE:
Gustave Nadaud est un musicien et chansonnier qui a vu le jour en 1820 à Roubaix. En homme du Nord, il appréciait l’humour et son œuvre, finalement, n’en manqua pas. En effet, il écrivit, entre autres pièces, La Valse des adieux, et surtout Les Deux Gendarmes, qui devait lui apporter quelque postérité. Dans ce morceau de bravoure, dont le titre exact était Pandore ou les deux gendarmes, le personnage principal était un brave gendarme dont la vie n’était guère compliquée. Son refrain était : « Brigadier, répondit Pandore. ». Le succès acquis par le personnage et par la pièce « lança » le nom de pandore pour qualifier un gendarme. C’était en 1857 et Gustave Nadaud put continuer sa vie, jusqu’en 1893 : son œuvre avait connu quelque importance.
PAMPHLET:
Un certain Pamphile vivait au XIIe siècle, auteur comique écrivant également des poèmes en latin ; on lui attribua un diminutif : Pamphilet. S’agissant de textes courts et quelque peu mordants, on prit l’habitude d’appeler certains écrits de littérature satirique, des pamphlets, mot qui entra au Dictionnaire en 1762 et dont la formation est analogue à celle d’ysopet (voir ce mot).
PACTOLE:
Il était une petite rivière d’Asie Mineure occidentale nommée Pactole et aujourd’hui Sart ou Bougouly. Elle était fameuse chez les Anciens : son flot disait-on charriait de l’or. La légende ajoutait que le fleuve roulait des paillettes d’or, depuis que Midas, qui convertissait en or tout ce qu’il touchait, s’y était baigné. Crésus lui devait ses fabuleuses richesses. Par métaphore, le mot a signifié source de richesse ou de profit : il est attesté chez Littré.
OSTROGOTH:
À partir du IIIe siècle après J.-C., la Pax Romana est rompue, l’Empire est la proie de peuplades venues du Nord et de l’Est. Quittant leur Germanie natale, les Goths s’installent dans les riches provinces gallo-romaines. Leur rapacité et leur violence restèrent dans la mémoire populaire, aussi aujourd’hui encore qualifie-t-on familièrement d’ostrogoth un individu dont les manières évoquent celles d’un barbare.
OLIBRIUS:
La légende de sainte Marguerite se raconte en deux tableaux principaux ; née à Antioche, vierge, martyre, elle mourut en l’an 275 en Pisidie. Après avoir enduré toutes sortes de tourments, le démon, prenant l’aspect d’un dragon, réussit à pénétrer dans sa prison pour la supprimer ; mais sainte Marguerite fit le signe de croix, ce qui permit de mettre en fuite le démon. Venons-en au martyre et à ses circonstances. Marguerite dont le père païen avait fini, par ses persécutions, par faire mourir sa femme, se réfugia chez sa nourrice puis se convertit au christianisme. Gardant les brebis au champ, Olibrius préfet d’Orient personnage énigmatique, vint à passer et remarqua la jeune fille. Il voulut bientôt l’épouser et la forcer d’abjurer sa religion. Marguerite refusa, ayant fait vœu de chasteté. Elle dut bientôt résister aux menaces, puis aux supplices dont Olibrius la menaça. Finalement, il la fit décapiter. Ce martyre fut fort célèbre au XIIe siècle et nombreux furent les mystères représentant les funestes épisodes vécus par sainte Marguerite, infligés par ce bravache d’Olibrius. Il fallut attendre Bonaventure des Périers, auteur de contes philosophiques qui, en 1537, remit le mot d’olibrius dans le vocabulaire en lui donnant le sens d’original, d’excentrique, importun et bizarre.